En cette période riche en événements sportifs, où chacun y va de son petit commentaire de chroniqueur de comptoir, nous voulons, nous aussi, alimenter à notre tour ces passionnants débats, et profiter de l’occasion que nous offre l’actualité pour apporter un éclairage bien utile sur une expression langagière souvent utilisée mais fréquemment mal interprétée.

Il n’est pas rare, en effet, de confondre « maillot jaune » et « porteur du maillot jaune », assimilant ainsi l’athlète à son glorieux vêtement. Exemple : « le maillot jaune vient de franchir la ligne d’arrivée ». S’il semble évident aux yeux de tous qu’un simple tee-shirt coloré ne peut à lui seul gagner l’étape, la confusion est cependant plus gênante quand le commentateur déclare, au moment du départ, que « X. est porteur du maillot jaune ». Est-il simplement porteur du maillot, ou porteur de celui qui porte le maillot ? Si le commun des mortels conçoit bien que ledit cycliste a simplement revêtu la parure convoitée, des esprits plus obtus s’imaginent que le coureur en question porte sur son dos le détenteur de la première place du classement. Ce qui constituerait, si tel était le cas, un sérieux handicap pour le porteur, mais un net avantage pour le porteur porté.

Il nous a paru important de bien souligner cette distinction, avant que les commentaires ne se déchaînent (de vélo) inutilement.

Dans une prochaine rubrique, nous aborderons la nuance à apporter entre « maillot vert » et « porteur du maillot vert ». Avant de nous pencher sur la question du poids du maillot à pois. Histoire de nous souvenir du célèbre slogan : « Le maillot à pois, la caravane passe ».

Donc, voilà,