Après le brillant et non moins pertinent plaidoyer destiné à enrichir notre culture langagière en évitant l’amalgame (en ré mineur) entre « maillot jaune » et « porteur du maillot jaune » (voir notre publication de ce 29 juin), poursuivons l’analyse des termes qui fleurissent le langage des commentateurs sportifs, en cette période particulièrement riche en événements athlétiques (du gendarme).

Attardons-nous aujourd’hui sur cette périphrase bien connue de tous : « course contre la montre ». On a longtemps cru qu’elle trouvait son origine dans la présence, en tête de peloton, de la célèbre voiture publicitaire Rodania, ornée d’une horloge géante, aujourd’hui disparue, et qui servait autrefois d’appât aux pédalistes rivalisant pour la victoire d’étape. Il n’en n’est rien. Et il nous revient de rétablir ici la vérité historique. Une fois de plus.

L’appellation remonte en fait au début du siècle dernier quand un certain Raymond Lamontre remportait tous les trophées et était considéré comme l’invincible homme à abattre. Les épreuves se muaient ainsi en « courses contre Lamontre ». Terme qui est demeuré dans le vocabulaire, même si l’origine en est aujourd’hui totalement ignorée.

Ajoutons que le dit champion vit sa carrière interrompue, en pleine gloire, par une sombre affaire d’exhibitionnisme, qui valut à son patronyme d’être détourné, à la Une des journaux toujours à l’affût d’informations croustillantes, pour devenir « Raymond la montre » ! Une bien triste histoire.

Nous reviendrons dans une prochaine édition sur la nuance à apporter entre « monter EN danseuse » et monter UNE danseuse ». Un petit détail qui peut parfois avoir son importance.
Surtout en montagne.

Donc, voilà,